Congrès de la CAVB à Sal : le volleyball africain réussit sa mue et affiche ses grandes ambitions

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Mme Bouchra Hajij, présidente de la Confédération africaine de volleyball (CAVB) a présenté le  rapport d’activité 2024-2026 résolument tourné vers l’action, l’innovation et les résultats. Dressant le portrait d’une confédération métamorphosée, elle a rappelé le principe fondamental de sa gouvernance : « une vision ne vaut que par la capacité de se traduire en actions concrètes et résultats visibles ».

Une mobilisation massive et une décentralisation réussie 

Les chiffres avancés lors de ce congrès témoignent d’un engouement inédit à l’échelle du continent. La CAVB affiche fièrement l’engagement de « 54 fédérations, 7 zones, 36 compétitions » et un taux de participation record de « 96% de participation à nos activités».

L’une des grandes réussites de ce mandat est la décentralisation des événements sportifs. Autrefois concentrés dans un groupe restreint de nations (Tunisie, Égypte, Maroc), les tournois majeurs ont été élargis à « 11 pays hôtes », incluant notamment le Rwanda et le Nigeria. Le championnat des clubs champions organisé au Nigeria a d’ailleurs constitué une étape historique, marqué par le parrainage de la Première Dame du pays et l’implication de sponsors de premier plan. Cet engouement s’est également traduit dans les gradins, la présidente citant l’exemple impressionnant du Kenya où « il y avait 16 000 spectateurs au sein du terrain » avec des écrans géants déployés en ville.

Par ailleurs, un vide stratégique vieux de vingt ans a été comblé sur le plan de la formation: « On a pu qualifier aujourd’hui 61 nouveaux arbitres internationaux, dont 30 au volleyball et 31 au beach volleyball ».

Planification et rigueur financière : les nouveaux standards 

Fini l’époque de la navigation à vue. La CAVB s’appuie dorénavant sur « un calendrier établi sur deux ans au moins ». Pour la présidente, « un calendrier pluriannuel, c’est la visibilité pour moi et l’anticipation de la responsabilité », permettant ainsi aux fédérations de mieux préparer leurs équipes et de boucler leurs budgets étatiques.

Cette structuration s’accompagne d’un redressement économique spectaculaire. Partant « de zéro », la confédération jouit aujourd’hui d’une « solidité financière qui nous donne la capacité de servir notre mission ». Validée par « deux solides externes et successifs sans réserve », cette transparence renforce considérablement la crédibilité de l’institution face aux partenaires internationaux.

Une révolution technologique et un rayonnement médiatique L’intégration du numérique et des nouvelles technologies est au cœur de cette modernisation. Les compétitions africaines s’alignent sur les standards mondiaux avec le déploiement du « Video Challenge », du « live streaming », du « e-score sheet » et du « score online », des outils garantissant « l’intégrité des compétitions ». Preuve de son avant-gardisme, la confédération dispense actuellement des formations en intelligence artificielle afin que ses membres puissent intégrer « cet outil, l’intelligence artificielle, dans nos activités quotidiennes, et même transmettre ça au coach, pour les plannings ».

Sur le front médiatique, le rapport se félicite d’une visibilité sans précédent grâce à un effort ciblé de storytelling et de valorisation des athlètes. 

« Jamais auparavant le volleyball africain ne passait à l’AIPS, ne passait à Radio France, ne passait dans les médias internationaux », s’est réjouie la présidente, appelant à continuer de « transformer chaque événement à une vitrine de volleyball africain ».

Le défi important de la jeunesse et le cap 2027-2028 

Malgré ces succès retentissants chez les seniors,  illustrés par la qualification de brillantes équipes pour représenter l’Afrique (les dames de l’Égypte et les hommes de la Tunisie en volleyball, ainsi que les hommes du Maroc et les filles du Nigeria en beach volleyball), la relève suscite des inquiétudes.

La participation chez les jeunes reste alarmante, plafonnant à « 14, plus 8 équipes, plus 9 équipes », contre 24 à 27 équipes chez les seniors. 

« Notre plus grande responsabilité aujourd’hui concerne la génération future qui arrive », a alerté Mme Hajij, exhortant les fédérations à redoubler d’efforts pour préparer notamment les prochains Jeux olympiques de la Jeunesse à Dakar.

Pour saluer le chemin parcouru, 18 fédérations ont été solennellement distinguées. Se projetant déjà sur le cycle 2027-2028, la présidente a défini un cadre d’action axé sur 8 priorités stratégiques, concluant son intervention par une déclaration forte, véritable boussole pour l’avenir : « Notre mental ne se mesure pas par ce que nous prenons les temps, il se mesure par ce que nous accomplissons sur le terrain et dans les résultats ».

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